Le voisin a tapé au mur. Le lendemain matin, ascenseur, six étages à descendre avec lui. J'ai dit bonjour. Il a dit bonjour. Et là j'ai ajouté « il faudrait vraiment qu'ils isolent mieux cet immeuble ». Personne ne m'avait rien demandé. Six étages, c'est très long.
Une crampe, au pire moment possible. J'ai crié. Il a mis deux secondes à comprendre que ce n'était pas ce qu'il croyait, puis il a vu ma tête. Il a passé le quart d'heure suivant à compter à voix haute pour me faire respirer. On a fini devant un documentaire sur les volcans.
Chez ses parents, canapé-lit dans le salon, parquet qui craque au moindre geste. On a sagement décidé d'attendre d'être rentrés. Au petit-déjeuner, son père a dit qu'il avait entendu du bruit vers minuit. C'était moi, j'étais allée chercher un verre d'eau. Je n'ai pas réussi à le dire.
On avait vérifié trois fois que la petite dormait. 21h40, la voix derrière la porte : « j'ai rêvé d'un dinosaure gentil. » J'ai répondu « ah super ! » avec une voix que je ne me connaissais pas. On a écouté le rêve en entier. Vingt minutes. Il y avait aussi un toboggan.
Le chat s'est assis au bout du lit et nous a fixés. On a tenu quinze secondes. C'est moi qui ai craqué : je me suis levée, je lui ai ouvert la porte du couloir et je lui ai expliqué pourquoi. À un chat. En chuchotant. Il est resté derrière la porte, à fixer la poignée.
Vingt-deux heures, tout se passait très bien, et l'enceinte s'allume toute seule : « rappel : contrôle technique, 8 h 30 ». C'est moi qui avais programmé le rappel. C'est moi qui avais voulu l'enceinte. C'est moi qui avais réglé le volume.
On avait resserré toutes les vis du lit un dimanche, très fiers de nous. Quinze jours plus tard, la latte du milieu a lâché. On s'est retrouvés par terre et aucun des deux n'a ri en premier : on voulait d'abord savoir si l'autre s'était fait mal. Il y a une planche sous le matelas depuis. Il appelle ça notre trophée.
Trois coups de sonnette, puis des coups sur la porte. J'ai enfilé le premier truc qui traînait, c'est-à-dire son peignoir, et je suis allé signer sur l'écran. Le livreur a regardé le peignoir, puis moi, puis le nom sur l'étiquette du colis. Il m'a souhaité une bonne journée avec beaucoup trop de gentillesse.
Ces anecdotes viennent de l'application
« Help je suis en couple » est un fil d'anecdotes anonymes, où chacun raconte ses propres maladresses. Gratuit, sans compte, sans donnée de santé.