Libérale, par habitude, je frappe à la porte de la pharmacie de mon village avant de rentrer 🙄
La tournée, c'est une succession de portes, et derrière chacune une surprise. Le portail qui ne s'ouvre pas, la clé qui n'est plus sous le pot, l'animal qui a un avis. Les libéraux reconnaîtront.
Glycémie de ma patiente diabétique avant le repas: 3,10. La patiente: « J’ai bu du lovelac en chemin » Moi « et maintenant, tu vas manger quoi? - après 1L de lovelac, j’ai plus trop faim… » Et là je comprends qu’à chaque fois qu’elle nous dit qu’elle boit du lovelac, c’est pas la petite briquette, c’est la brique d’1L qu’elle prend!!
ce matin en arrivant chez une patiente ... de la neige a terre .... de la neige enfin un change décortique , malin je simule un coup de pieds dans les flocons ... pas de bol le sol glissé ... mon coccyx ne m'a pas dit merci mais madame rigole encore !
Glycémie de ma patiente diabétique avant le repas: 3,10. La patiente: « J’ai bu du lovelac en chemin » Moi « et maintenant, tu vas manger quoi? - après 1L de lovelac, j’ai plus trop faim… » Et là je comprends qu’à chaque fois qu’elle nous dit qu’elle boit du lovelac, c’est pas la petite briquette, c’est la brique d’1L qu’elle prend!!
Je connais le nom des chiens de ma tournée mieux que celui de mes voisins. Dans la rue, j'en appelle un sans réfléchir. Ce n'était pas le bon chien. Il est venu quand même. Le propriétaire, lui, s'est demandé si je lisais dans les pensées.
Je tire le portail sur lequel c'est écrit POUSSEZ. Tous les matins. Le portail, lui, n'apprend rien.
Ce sac, je le monte et je le redescends à chaque étage, et il ne me sert qu'au tout dernier passage de la journée. Hier, je l'ai laissé dans la voiture. Passage du matin, dernier étage, pas d'ascenseur : il me le fallait.
— Vous prenez un café ? — Non merci, je suis vraiment à la bourre. — Il est déjà versé. — Alors j'ai le temps.
— Vous êtes en retard. — Pardon, je n'ai pas trouvé tout de suite. — J'ai vu. Vous avez longé le portail, fait demi-tour, recommencé. Je vous faisais des signes.
Le temps d'ouvrir un pansement, j'ai eu le dos tourné. Le chat s'est assis pile au milieu du champ stérile, très content de son idée.
Le digicode avait changé pendant la nuit. J'ai sonné à tous les autres appartements pour qu'on m'ouvre. Le seul qui a répondu, c'est celui chez qui j'allais. Il me regardait faire depuis sa fenêtre.
On me demande gentiment de retirer mes chaussures dans l'entrée. Je m'exécute, je fais le soin, je repars. Et je passe le reste de la tournée avec l'image très nette de mes chaussettes, qui n'étaient pas de la même couleur.
Je connais par cœur les digicodes de tout mon secteur, les codes de portail, les paillassons sous lesquels dorment les clés. Je suis incapable de retrouver ma voiture dans un parking de supermarché.
« Vous êtes arrivé. » Bout d'un chemin de terre, des champs, pas une maison. J'ai tout refait proprement, dans l'autre sens : même chemin, même annonce. J'ai fini par appeler. La maison était derrière moi depuis le début.
Le seul jour où j'ai pensé à prendre un parapluie, grand soleil. Je l'ai oublié chez un patient. Il pleut sans arrêt depuis et je sais exactement où il est.
Consigne : « la sonnette ne marche pas, tapez à la fenêtre. » J'ai tapé à la fenêtre. Celle du voisin, qui m'a très gentiment indiqué la bonne.
« La clé est sous le pot de fleurs. » La terrasse en est couverte. Je les ai tous retournés, les mains pleines de terre, avant de m'appuyer sur la porte pour souffler. Elle n'était pas fermée.
J'ouvre ma sacoche et une voix derrière moi lance « allez, on se détend, ça va être rapide ». Le perroquet. Mot pour mot, mon intonation comprise. Le patient a haussé les épaules : « il te connaît mieux que moi maintenant, tu peux y aller ».
Personne ne répond, la lumière est éteinte, je fais le tour de la maison en tapant aux volets. Je sors le téléphone pour appeler la fille. Derrière moi, une voix : « j'ai vu ta voiture, j'ai pris des croissants ».
Le chien m'a rapporté ma chaussure. Ce n'était pas la mienne.
Le chemin détrempé, la voiture en travers, les roues qui creusent. Le voisin arrive avec son tracteur, accroche la sangle, ne dit rien. Une fois sur la route, il baisse la vitre : « le facteur aussi je le sors. Mais lui, je prends mon temps ».
J'arrive pour le pansement, il y a une flaque au milieu du salon et le plafond qui goutte. On a passé la matinée à pousser des meubles et à vider des seaux, elle en robe de chambre, moi en gants. Sur le pas de la porte, elle m'a remerciée pour la fuite. Le pansement, elle l'a oublié.
J'entre, je pose la sacoche sur la commode, la commode n'est plus là. Tout le salon a été réorganisé la veille, pour me faciliter le passage. Le fils a ramassé les compresses par terre avec moi en disant : « vous voyez, ça circule mieux ».
Je repars, je roule, et quelque chose bouge sous le siège arrière. Le chat de la maison d'avant, installé sur les pochettes stériles comme sur un coussin. Je l'ai ramené. La propriétaire n'a pas eu l'air surprise : « il a fait le tour du quartier avec le livreur la semaine dernière ».
La clé n'était pas dans le compteur. Ni sous le pot, ni sur le rebord. Je passe par la fenêtre de la buanderie, à plat ventre, sacoche poussée devant moi. Le patient m'attendait dans le couloir, la clé à la main : « je voulais voir par où vous alliez tenter ».
Ces anecdotes viennent de l’application « Help je suis infirmier »
Un fil d’anecdotes anonymes de soignants. Deux règles : aucune malveillance, et personne n’est reconnaissable. Gratuit, sans compte.