Quand t'as un étudiant mou de chez mou et que tu l'appelles spontanément « Haldol » au lieu « d'Arnold »… Acte manqué ?!
Aucun collègue reconnaissable ici : ce sont des archétypes que tout le monde a croisés. Celui qui répond « je fais ça juste après » depuis trois semaines existe dans chaque service de France.
À la personne qui remet les boîtes vides dans le placard : je te cherche depuis des mois. J'ai fini par comprendre que c'était moi.
— Bonjour, c'est pour avoir des nouvelles. — Je ne dis rien par téléphone. Au téléphone, tout le monde est de la famille. — D'accord. Et ta remplaçante, elle a le droit de savoir à quelle heure tu passes ?
Blouse volée. J'enfile celle qui reste. Dans la poche, mon stylo.
« Vas-y, prends ton temps, raconte-moi tout. » Je le pense vraiment. Je le pense en regardant l'horloge, parce qu'après ce bus-là il n'y en a plus avant longtemps.
J'ai acheté un paquet de stylos et je les ai marqués d'un point de vernis pour les reconnaître. À la fin du mois, plus un seul. J'ai donc passé la journée à en chiper discrètement autour de moi. Certains avaient un point de vernis.
J'ai cherché les bandes partout. C'est moi qui les range « mieux ».
J'ai échangé mon dimanche contre un samedi. Puis le samedi contre des mardis, parce que ça m'arrangeait mieux. Bilan : je travaille le dimanche, et les mardis.
J'ai mes propres abréviations, que personne d'autre ne comprend. Ce matin je retrouve sur ma feuille : « voir tt + rap si idem ». C'est mon écriture, et je donnerais cher pour savoir ce que ça voulait dire.
— Tu as commandé les pansements ? — Je m'en occupe en partant. — Tu me dis ça depuis le mois dernier. — Et je le pense encore plus fort qu'avant.
— Tu la prends, ta pause ? — Après. — Après quoi ? — Après.
— Tu peux répéter ? J'ai décroché à « bonjour ». — Je disais bonjour.
Transmissions impeccables : structurées, dans l'ordre, jusqu'au bout. En relevant la tête, je vois la personne en face revenir du couloir avec le classeur qu'elle était partie chercher dès le début.
Le groupe du service est en silencieux depuis longtemps. J'apprends les changements de planning en arrivant, et les départs en retraite en voyant le gâteau.
J'ai tendu les bras pour le carton. Ma collègue m'a fait un câlin.
Ces anecdotes viennent de l’application « Help je suis infirmier »
Un fil d’anecdotes anonymes de soignants. Deux règles : aucune malveillance, et personne n’est reconnaissable. Gratuit, sans compte.