Ambulancière qui arrive aux urgences avec un patient et un zozotement prononcé : « Patient porteur d’un Space maker » - ma collègue : « On dit un Space Cake mais un PACE Maker » RIP…. 😂
Le corps ne prévient pas. Il éternue au pire moment, il siffle quand il ne devrait pas, il répond à la place du ventre qu'on ausculte. Ici le soignant encaisse toujours, et le patient garde sa dignité.
Aux urgences, une ambulancière arrive avec un patient : « Femme ayant une prothèse au niveau de la prostate pour faciliter la dialyse. » Nous v'là bien !
J’installe un patient dans un box aux urgences pour douleurs abdominales. A eu une coloscopie le matin même. Je lui demande si une anomalie a été détectée lors de cette colo : - Sa femme me répond « oui, ils ont trouvé plein de testicules dans le côlon…… » - Moi : « Heu….. (pas rire…. pas rire…) Des diverticules plutôt, non ? » - Sa femme : « ah oui voilà c’est ça » (ouf) - Moi sortant voir le médecin de garde : « Box 5, le Mr a plein de testicules dans le côlon mais sa femme t’expliquera »
Normacol, lavement, consignes claires : gardez le plus longtemps possible. Il a hoché la tête, très concentré. Puis il a éternué. Je croyais que ça n'arrivait que dans les films comiques. J'ai fini la tournée avec des taches de rousseur que je n'avais pas le matin.
Ce petit sifflement à chaque respiration. On cherche partout. On ausculte, on écoute, on se regarde. Il a fallu dix bonnes minutes pour comprendre que le sifflet n'était pas une image.
Il est resté debout toute l'attente. Aux urgences, personne ne tient debout aussi longtemps. Chute dans la salle de bain, il paraît. Sur une bouteille. « Ah, heureusement elle n'a pas cassé » — c'est ce que j'ai trouvé à répondre. J'y repense encore parfois, le soir.
J'ai posé le stéthoscope sur un ventre parfaitement silencieux. C'est le mien qui a répondu à sa place, et il avait beaucoup de choses à dire.
À force de me laver les mains, mon téléphone ne me reconnaît plus.
Ce que j'ai dit à la maman : « Ne vous inquiétez pas, ça arrive tout le temps, vraiment. » Ce que j'ai pensé : il me reste toute la tournée, et une seule blouse.
Il m'avait dit que ça allait beaucoup mieux. J'ai rangé le haricot, remonté le drap, et demandé s'il voulait boire un peu. Il a ouvert la bouche pour répondre oui.
Je pose des voies à des gens qui tremblent, je rassure, je plaisante, j'ai l'aplomb. La semaine dernière, prise de sang de routine, c'est moi qui étais du mauvais côté du garrot. La collègue m'a proposé un verre d'eau sucrée. Je l'ai bu.
Pansement en cours, chambre silencieuse. Un bruit qui ne trompe personne. Je dis pardon tout de suite, par réflexe, pour couvrir. Un deuxième : je redis pardon. Le troisième venait vraiment de moi. Celui-là, le pardon était sincère.
— Ça vous touche à ce point, mon ordonnance ? — Pardon ? — Vous avez les larmes aux yeux. C'était un bâillement retenu sous le masque. J'ai laissé croire à l'émotion.
Un matin, je baisse mon masque le temps de souffler, pile au moment d'une quinte de toux qui ne m'était pas destinée. Maintenant, je me place sur le côté. Jamais en face.
Je me relève du pansement, mon genou craque, on me propose un bras.
Masque bien ajusté : buée. Masque descendu un peu : plus de buée, mais tout le couloir qui me regarde. Masque repincé sur le nez : buée. J'ai fait une partie de mon travail de mémoire.
Chambre à passer sans réveiller personne. Ma cheville a un avis.
Accroupi pour le pansement, je fais des compresses impeccables et la conversation en même temps. Je me relève : la jambe droite n'est pas venue avec moi. Le patient, qui ne marche plus seul, m'a tendu le bras jusqu'à la porte.
— Vous entendez ce sifflement ? — Pas du tout. J'ai cherché la fuite d'oxygène derrière le lit, sous le lit, puis dans le couloir. C'était son appareil auditif. Je suis revenu lui annoncer que la chambre était parfaitement étanche.
Le dernier pansement de la matinée est aussi le plus long, et il tombe pile à l'heure où deux étages font cuire quelque chose. Je suis reparti avec des recettes plein la tête et une pomme oubliée dans la boîte à gants.
Changé de gants, de blouse, de voiture. L'odeur avait un abonnement.
Pendant la pose : main d'horloger. Pendant la fixation : main d'horloger. Une fois la porte refermée : main de quelqu'un qui aurait besoin d'un café.
— À vos souhaits. — Merci. — Ça va aller ? — Il me faudrait un masque. — Vous en portez un. — Justement.
Mon œil gauche s'est mis à sauter tout seul, pile pendant que j'expliquais qu'il n'y avait vraiment aucune raison de s'inquiéter. On m'a demandé si j'étais sûr. J'ai dit oui, en clignant beaucoup.
Il avait le hoquet depuis la veille. On a tout essayé : le verre d'eau, le souffle retenu, la petite frayeur. C'est mon téléphone qui a sonné en pleine phrase et qui a réglé l'affaire. Il m'a remercié chaleureusement. J'ai accepté le compliment.
Le micro-ondes a sonné. Je me suis levé pour changer la poche. Chez moi.
Le petit a une bille dans le nez. Je prépare la pince, la lumière, et je lui demande de souffler un grand coup, juste pour voir. La bille est partie direct dans la poche de ma blouse. Sa mère m'a demandé si je pouvais la rendre, il manquait celle-là au collier.
Il arrive avec un hameçon dans le doigt et le leurre qui pend au bout. Je pose le champ, je sors la pince coupante. Il retire sa main : « attention, c'est le seul qui marche ».
Version officielle : il s'est ouvert la main en rangeant le garage. Je nettoie, je recolle, je note. Son gamin, sans lever les yeux de sa tablette : « c'est la trottinette. » On a gardé la version du garage.
Il s'est levé pour me laisser sa chaise. C'était lui, le patient.
Je déroule toute l'explication : le pansement, les signes qui doivent faire revenir, qui appeler. Elle m'écoute jusqu'au bout, très concentrée, elle hoche la tête. Puis : « bon, je vais chercher ma voisine, c'est elle qui est venue. »
Le sac posé sur le brancard a éternué. Le monsieur n'a pas bronché : « il déteste rester seul dans la voiture. »
Un monsieur arrive avec une guêpe dans un bocal, « pour que vous voyiez laquelle c'est ». Le bocal s'est ouvert pile au moment où je l'ai pris. Ce jour-là, le tri s'est fait tout seul.
Je badigeonne le genou, large, consciencieux, en discutant. C'était l'autre qui saignait. Il est reparti symétrique.
Je découpe la manche pour dégager le bras. Il regarde la chemise ouverte du poignet à l'épaule et me demande si je fais aussi les retouches.
Ces anecdotes viennent de l’application « Help je suis infirmier »
Un fil d’anecdotes anonymes de soignants. Deux règles : aucune malveillance, et personne n’est reconnaissable. Gratuit, sans compte.